Choisir une trottinette électrique : la loi, puis les vrais critères
En résumé : une trottinette électrique est un engin de déplacement personnel motorisé (EDPM) au sens du code de la route. Elle est bridée entre 6 et 25 km/h, interdite aux moins de 14 ans, interdite sur les trottoirs sauf décision du maire, et elle doit être assurée en responsabilité civile comme n’importe quel véhicule terrestre à moteur. Le casque n’est pas obligatoire. Débrider est illégal et fait sauter l’assurance.
Le cadre légal, d’abord
Beaucoup de gens achètent une trottinette comme on achète un vélo, et découvrent après coup qu’ils ont acheté un véhicule terrestre à moteur. La différence n’est pas sémantique, elle est financière.
Vitesse
Un EDPM est défini par une vitesse maximale comprise entre 6 et 25 km/h. Au-delà, l’engin sort de la catégorie et n’a plus le droit de circuler sur la voie publique dans ce régime.
Âge
Un décret du 31 août 2023, applicable au 1er septembre 2023, a relevé l’âge minimum de 12 à 14 ans. C’est le changement que les revendeurs mentionnent le moins, alors qu’il disqualifie tout un pan des cadeaux de Noël.
Assurance
L’assurance en responsabilité civile est obligatoire, au titre de l’article L211-1 du code des assurances, parce que la trottinette électrique est juridiquement un véhicule terrestre à moteur. Ce n’est pas couvert par défaut par l’assurance habitation, contrairement à ce que beaucoup supposent.
Circulation
Les trottoirs sont interdits, sauf disposition contraire prise par le maire, et dans ce cas au pas.
Sur les montants d’amende, la prudence s’impose : les chiffres qui circulent (135 € pour le trottoir, 1 500 € pour le débridage, jusqu’à 3 750 € pour le défaut d’assurance) proviennent de sources commerciales concordantes mais que je n’ai pas pu recouper sur un texte officiel. Retenez l’ordre de grandeur, vérifiez le montant exact auprès de votre assureur ou de service-public avant de vous en servir comme argument.
Ce que je regarde avant d’acheter
Mon avis, après avoir vu passer beaucoup de fiches produit : les trois chiffres mis en avant sur les emballages sont les trois moins utiles.
L’autonomie annoncée ne veut rien dire. Elle est mesurée à vitesse constante, sur le plat, avec un pilote léger et une batterie neuve à température idéale. Une côte, du froid, ou 90 kg au lieu de 70 changent le résultat du simple au double. Regardez plutôt la capacité en wattheures, c’est la seule donnée comparable d’un modèle à l’autre.
La puissance moteur ne sert pas à aller plus vite, puisque le bridage à 25 km/h s’applique à tous. Elle sert à tenir cette vitesse en montée et à démarrer sans s’essouffler. C’est un critère de relief, pas de performance.
Le poids compte plus qu’on ne le croit dès qu’il y a un escalier, un métro ou un coffre de voiture dans le trajet quotidien.
Et le critère que personne ne regarde : la disponibilité des pièces détachées. Une trottinette dont on ne trouve ni plaquettes ni chambre à air se jette au bout de deux ans. C’est le vrai sujet du rapport qualité prix d’une trottinette, bien plus que le prix affiché, et c’est ce qui explique la position solide de certaines marques installées comme le montre le cas des trottinettes Xiaomi.
Le casque, puisque la loi ne tranche pas
La loi vous laisse libre, donc je donne mon avis sans le déguiser en obligation. À 25 km/h, la tête arrive au sol à la même vitesse qu’à vélo, sauf que les roues d’une trottinette sont petites et qu’un nid-de-poule qu’un vélo avale peut vous éjecter. Le guidon est haut, le centre de gravité aussi, et la chute se fait vers l’avant.
Ce qui m’a déçu, c’est le marketing des trottinettes vendues aux adolescents juste au-dessus de 14 ans, avec des accessoires de style et pas un mot sur la protection. C’est légal et c’est cynique.
Entretien et assurance : les deux angles morts
Une trottinette électrique s’entretient, et pas seulement quand elle tombe en panne. Les freins se dérèglent, les roulements prennent l’eau, la batterie déteste rester vide plusieurs semaines. La routine est courte mais elle change la durée de vie de l’engin : voyez comment prendre soin de sa trottinette électrique au fil des mois.
Côté couverture, l’obligation d’assurance étant récente dans les esprits, la question la plus fréquente reste celle du contrat adapté : ce que couvre réellement une assurance de trottinette électrique varie beaucoup d’un assureur à l’autre, en particulier sur le vol.
Et si l’engin est destiné à un enfant, la question de l’âge légal se pose avant celle du modèle. Le sujet se recoupe avec celui du meilleur moyen de déplacement pour un enfant entre draisienne et trottinette, où les 14 ans changent complètement la réponse.
Testez vos réflexes
1. Votre enfant a 13 ans. Peut-il rouler en trottinette électrique sur la voie publique ?
Non. L’âge minimum est de 14 ans depuis le 1er septembre 2023.
2. Votre assurance habitation couvre-t-elle votre trottinette ?
Pas automatiquement. La trottinette électrique est un véhicule terrestre à moteur et exige une responsabilité civile spécifique.
3. Une trottinette annoncée à 45 km/h est-elle utilisable sur la route ?
Non, pas dans le régime EDPM, qui plafonne à 25 km/h.
4. Le casque est-il obligatoire ?
Non, il est seulement recommandé. C’est le seul point de cette liste où la loi vous laisse décider.
Questions fréquentes
Quel est l’âge minimum pour une trottinette électrique ?
14 ans, depuis le décret du 31 août 2023 applicable au 1er septembre 2023. Il était de 12 ans auparavant.
L’assurance est-elle obligatoire pour une trottinette électrique ?
Oui. La trottinette électrique est un véhicule terrestre à moteur et doit être couverte en responsabilité civile au titre de l’article L211-1 du code des assurances.
À quelle vitesse une trottinette électrique est-elle bridée ?
Un EDPM est défini par une vitesse maximale comprise entre 6 et 25 km/h.
Peut-on rouler sur le trottoir ?
Non, sauf autorisation prise par le maire, et alors uniquement au pas.
Le casque est-il obligatoire en trottinette électrique ?
Non, il n’est pas obligatoire, seulement recommandé.
